
Comme la chienne
D'après Comme la chienne, texte écrit par Louise Chennevière et édité chez P.O.L (2019)
Il s’agit d’un ensemble de courts « monologues » écrits à la première, seconde ou troisième personne. Ces textes sont tous des paroles de femmes, qui prennent comme point de départ une parole intime. Ils décrivent comment cet intime féminin (le corps, la honte), appartient toujours déjà au monde, par les fantasmes, les discours et toutes les violences qui l’ont façonné et qui le hantent.
NOTE D’INTENTION
"Pour la seconde fois, après l’adaptation de Toxique (journal de Françoise Sagan que j’avais mis en scène en 2012), j’ai envie de porter à la scène une parole littéraire qui n’a pas été écrite directement pour le théâtre. Ici, ces courts textes ont une capacité à être adressés et performés par leur nature même, et ils se prêtent à une oralité qui fera écho à leur force percutante. Ni tout à fait je, ni tout à fait nous, mais tour à tour tu, je, elles, la narration de Comme la chienne explose en une multiplicité de voix et donne corps à une constellation féminine. C’est un texte violent à l’intelligence réjouissante, moderne et polyphonique, j’y retrouve des élans de Despentes et des héritages de Duras. Après Au loin les oiseaux en 2023 qui traitait de la justice par le prisme de l’affaire Jacqueline Sauvage, puis La lente agonie du crapaud buffle sur le socle patriarcal, reconstitution cathartique de l’émission radiophonique Répliques d’Alain Finkielkraut avec Camille Froidevaux-Metterie, je souhaite continuer l’exploration de la violence féminine dans la société patriarcale. Clore ainsi ce qui pourrait être un triptyque sur le sujet, et il m’apparait que cette matière textuelle se prêtera particulièrement à l’exercice. En donnant la parole à plusieurs voix de femmes à travers des expériences douloureuses ou salvatrices, et en explorant le lien au corps et à la servitude qui découle de l’essentialisation subie, le texte dessine de beaux portraits en creux et son écriture dynamique sera portée par la chanson live. Ce travail s’orientera vers une forme plutôt simple, parole performée à plusieurs voix (2 comédiennes et une chanteuse), en travaillant sur la pluralité et l’unicité à la fois de ces voix : différentes générations, différents corps, différentes voix pour raconter un destin à la fois commun et multiple : celui du féminin et comment la société lui fait violence. Comment cette violence ancestrale et systémique subie par les femmes induit une construction identitaire complexe. Comment aussi cette violence intériorisée est parfois restituée par certaines, et comment la société fait face à cette violence « renvoyée »"
— Anne Sophie Pauchet
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