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Au loin les oiseaux

Au loin les oiseaux est une pièce chorale à l’écriture narrative audacieuse qui prend comme point de départ le procès en appel de Jacqueline Sauvage (condamnée à deux reprises en première instance puis en appel en 2015 à 10 ans de réclusion pour le meurtre de son mari en 2012 dont elle avait subi pendant plus de quarante ans les violences conjugales, Jacqueline Sauvage a bénéficié d’une grâce partielle puis totale de François Hollande fin 2016).

En axant sa dramaturgie sur le point de vue des juré·es, et sans faire de son texte un manifeste politique ou féministe, l’autrice ouvre les espaces de réflexion sur la question de la justice et se livre à un « exercice de disparition de la subjectivité ». Elle esquive le huis clos attendu en traitant la question du procès en hors-champ. Aucune scène de tribunal, pas de reconstitution de procès, mais un ensemble de portraits d’une belle humanité. Il ne s’agit pas de raconter l’histoire de Jacqueline Sauvage (dont le nom n’est cité que rarement au cours du récit) mais plutôt ici de poser la question de comment peut-on, doit-on, juger cette affaire, et les croisements d’arguments que cela implique.

Il s’agit donc bien d’une fiction, qui fait se rencontrer au hasard du tirage au sort d’un jury populaire une galerie de personnages générant des contrastes et des espaces de confrontation. Alternant les scènes narratives et dialoguées, l’autrice crée un parcours propre à chacun·e des hommes et femmes confrontées à une expérience qui opèrera chez certain·es un profond changement, tout en resituant habilement le récit dans son contexte judiciaire et sociétal.

Le procès en appel compte 9 juré·es tiré·es au sort sur une liste de 35 citoyen·nes, sur scène 8 personnes 4 hommes 4 femmes, le neuvième juré étant selon l’autrice « le public ». Ce procédé sans être du tout « participatif » permet d’aborder la question du rapport au public, ouvrant le quatrième mur pour transformer la représentation en un espace de réflexion partagé. Il renvoie aussi chacun·e face à soi-même, à son libre arbitre, son intime conviction et ses responsabilités.

Radiographie d’une époque, de l’attentat de Charlie Hebdo aux mouvements contre les violences faites aux femmes en passant par la mort de David Bowie, la pièce fait se répondre en écho l’Histoire collective et les trajectoires individuelles et met à jour les mutations d’une société en plein questionnement. Elle pose aussi la question de l’emballement médiatique, et interroge sur une société prompte à décider, condamner ou prendre parti sans nuance, une société qui confond le débat d’idée et l’affrontement aveugle.

« Manon Ona se refuse à toute démagogie et prend du recul vis-à-vis de l’affaire judiciaire, révélant la complexité du dossier. S’extrayant du débat émotionnel, elle fait se confronter collectivement et individuellement les voix et pensées de citoyen·ne·s dans une pluralité de langues portées par des personnages aussi singuliers qu’attachants. Très documentée, émancipée des partis- pris et esquivant les chausse-trapes didactiques ou anecdotiques, cette pièce chorale interroge la conscience personnelle et la responsabilité de chacun.
Entre morale, droit pénal, intime conviction, affects, logique et évidence, chacun se fraye son propre chemin et envoie valser ses certitudes ! »
S. Authesserre, revue Intramuros, juin 2019

 

Calendrier de création 

2020-2021 laboratoire
Avril 2021 lecture à destination des professionnel·les à l’Etincelle, Rouen 
Mai 2022 répétitions / 1ère période de résidence
Automne-hiver 2022 répétitions / 2ème période de résidence
Avril 2023 répétitions / 3ème période de résidence
Automne 2023 création
Exploitation saison 2023/2024

Texte
Manon Ona
Mise en scène
Anne-Sophie Pauchet
Avec
Manon Thorel, Arnaud Troalic, Nadia Sahali, Jean-Marc Talbot, Valérie Diome, Nadie Louatib,
Marie-Charlotte Dracon, Yann Berthelot
Les dates